









Ce projet débute avec un intérêt pour les horizons de la région minière de Chaudière-Appalaches. Ces montagnes qui l’hiver passent pour naturelles lorsqu’elles sont recouvertes de neige, mais qui se dévoilent l’été comme des monticules nus. Des empilements de résidus miniers qui façonnent le terrain, et ainsi créent un dénivelé qui était jusqu’alors inexistant. Ce sont ces sites à l’aspect lunaires qui m’ont d’abord interpelé et m’ont conduit à une réflexion plus profonde sur la fabrication de paysage par l’homme. Par la suite, c’est l’ampleur des chantiers hydroélectriques qui m’a frappé. L’imposant territoire inondé, le tout aussi grand territoire asséché. C’est une rivière complète, énorme qui est déviée pour que son débit passe maintenant dans le barrage construit à même la montagne.
Le projet se veut un constat photographique de l’état des lieux. Qu’en est-il du territoire dans ces régions transformées? Comment aborder la notion du paysage lorsqu’il est presque entièrement construit? Mes photographies posent un regard curieux, empreint d’un certain intérêt à rendre ces paysages esthétiques malgré leur nature. Ce projet allie le désir de perpétuer la tradition photographique du paysage et la stupéfaction face à ces immenses territoires modelés par l’humain. Ceci me permet d’ancrer ma pratique à la fois dans la tradition photographique et dans les questionnements écologiques et environnementaux actuels et d’ainsi partager mes interrogations sur les enjeux qui façonnent notre époque.